mercredi 28 juin 2017

Triste nouvelle

C'est toujours par ces deux mots courts mais éloquents que commencent les mails que m'envoie parfois, de plus en plus souvent hélas, la secrétaire de direction de mon ancien établissement scolaire. Je sais alors qu'en ouvrant ce mail, je vais découvrir qu'un de mes anciens collègues, enseignants ou autres, est parti.

Je m'y attends, bien sûr, puisque, à l'époque où j'ai été embauché, j'étais parmi les plus jeunes, voire le plus jeune pendant un certain temps. Mais c'est chaque fois un pan qui s'écroule avec la perte de ces gens qui m'ont été proches, qui pour certains ont été des amis.

Aujourd'hui, il y a avait un de ces mails dans ma boîte. L'ancienne économe est morte avant-hier, à 102 ans. Bel âge pour mourir, sans doute, mais c'est une femme qui m'a beaucoup marqué. J'en parlais toujours avec le plus grand respect. Je connaissais son nom, je viens d'apprendre son prénom : Yvonne.

Avant d'être prof, j'avais été pion dans cet établissement. Je surveillais les immenses études du soir dans une salle tout en longueur. Je n'avais que quelques années de plus que les lycéens que je surveillais et des liens s'étaient noués rapidement.  Un soir, nous avions parlé des manifs qui, à l'époque, étaient plus que fréquentes (un peu après 68) et, à la suivante, j'avais aperçu quelques-uns de ces élèves dans les troupes qui défilaient. La semaine suivante, j'étais viré. Motif officiel : on n'avait plus besoin de moi.

Cette femme, Yvonne, douce et adorable, m'avait défendu bec et ongles et avait finalement obtenu que l'on me rembourse aussi mes frais de transport, ce que l'on me refusait sans son intervention. Je l'ai revue seulement une ou deux fois par la suite. J'en avais demandé des nouvelles, plusieurs fois. On m'avait simplement répondu qu'elle était à la retraite. Personne ne semblait plus se soucier d'elle, qui, pourtant, avait été un personnage clé de l'établissement. Je la croyais morte depuis longtemps, dans l'indifférence. Non : elle méritait bien, pour son humanité, de vivre aussi longtemps.

mardi 27 juin 2017

Vaches et pommiers

Pour l'instant, je m'évertue à préparer notre prochain séjour en Normandie. Pas toujours facile quand on ne connaît pas du tout la région et qu'en plus, il faut compulser deux guides verts. Mais, petit à petit, ça prend forme, sauf que, comme d'habitude, j'ai envie de tout voir et que je prévois des visites à la pelle. Ce sera à affiner sur place.

Dans ma liste : Falaise, Argentan, Haras du Pin, Sées, Caen, Bayeux, Coutances, Rouen, Jumièges, Honfleur, Le Havre, Etretat, Domfront, Mont Saint-Michel, Mortain, Les Andelys, Gisors, Giverny.
Encore une fois, beaucoup d'églises et d'abbayes, des châteaux et des musées. J'espère qu'entre tout cela, nous aurons le temps d'apprécier le paysage....

lundi 26 juin 2017

Mais qui chantait ça ?

J'aime les westerns et ai revu hier soir avec plaisir Alamo, de John Wayne (1960), western sans indiens mais avec des mexicains ! En écoutant le thème musical récurrent, je me suis creusé la tête un moment pour savoir qui chantait l'adaptation française de The green Leaves of Summer.  C'est le titre français qui m'est revenu d'abord, et puis j'ai trouvé ! A vous d'aller fouiller dans votre mémoire : titre et interprète(s).
Question subsidiaire : quel est le chanteur ivoirien qui a aussi interprété cette chanson ? Un indice (enfin, si on veut) : il est né en 1922 à Grand-Bassam en AOF (aujourd'hui Côte d'Ivoire) et mort à Antibes en 2011). Autre indice (je suis si bon !) : il a aussi chanté dans Thierry la Fronde.

Et on ne triche pas !


Berlin café

Si l'on vous dit Berlin, Istanbul, Damas, ça ne vous évoque pas forcément des choses très drôles, j'imagine. Si je rajoute 1943, ça ne s'égaie guère ! Et pourtant, ce livre est plutôt réjouissant malgré l'histoire qu'il raconte,  moitié Adieu à Berlin, d'Isherwood, (qui a donné le film Cabaret), moitié Journal d'Anne Franck.

A la fin des années 30, Daniel, un jeune juif séfarade de Damas s'installe à Berlin et, se faisant passer pour un catholique espagnol (tendance Franco), ouvre le Kaukasus, un cabaret où des filles orientales fascinent, par leurs danses du ventre, de hauts dignitaires nazis. Intercalés, d'autres chapitres présentent le journal  de Daniel, dans les années 43 à 45, alors qu'il se terre dans le grenier d'un immeuble en ruines pour échapper à la Gestapo, après avoir été entraîné malgré lui dans un réseau d'espionnage.

Malgré des passages terribles (mais racontés beaucoup plus légèrement que dans Les Bienveillantes), ce roman respire l'espoir et la joie de vivre, comme un grandiose pied de nez à l'horreur ambiante.
(Harold Nebenzal, Berlin café. Ed. Le Cherche Midi. Trad. de Gilles Morris-Dumoulin.)

dimanche 25 juin 2017

Arnaque

Racontée par notre amie du Jura, dont le voisin, bavard et prétentieux, est un homme que je supporte (nous supportons) mal. C'est lui qui, un jour, nous avait dit : "Je ne parle pas de vous mais d'hommes normaux."Il voulait sans doute parler de mâles comme lui qui se prennent pour des Don Juan dès qu'ils croisent une femme !

Ce charmant homophobe a dernièrement rencontré au bord de la route un couple de bulgares en panne d'essence. Il s'arrête et l'homme lui demande de bien vouloir le véhiculer, lui, sa femme et son jerrican,  jusqu'à la pompe la plus proche. Au moment de payer (une trentaine d'euros), l'homme lui avoue qu'il ne possède pas de carte bleue mais a seulement sur lui des billets bulgares. Le voisin paie et le couple lui remet une bonne liasse de billets, en disant qu'il y en avait pour beaucoup plus, mais que cela paierait sa gentillesse et la peine du dérangement.

Quand le prétentieux se rend à la banque pour changer ses billets, on lui tend deux euros !

Je sais que je ne suis pas un homme "normal" mais ça ne m'a pas empêché, à cette nouvelle, d'avoir une petite érection ! Qui c'est qui l'avait eu dans le c... ?

Trouvailles (les premières de l'été)

Jura. Nos deux Dupond(t) sont là aussi, arrivés depuis quelques jours et en pleine forme, apparemment. Et, dès l'apéro, c'est parti !

-Dupond(t) : ras le bol de ces anglais. Pourquoi la frontière pour les migrants se trouve-elle à Calais ? Avec le brexit, elle devrait se trouver à Bourges ! (Traduction : Douvres !).
(Et Charles Martel, lui, a arrêté les arabes à Moitié !)

- Dupond(t) : je viens d'avoir des amis au téléphone. Ils arrivent de Grèce où ils ont fait une croisière dans les îles. Merveilleux ! Leur préférée: Saturnin. (Traduction : Santorin !)
(T'as raison, mon canard ! )

Méprise

Frédéric devait passer hier matin me prendre en voiture devant chez moi. Il m'appelle pour me dire qu'il était presque arrivé. Je descends et je vois se garer devant ma porte une voiture sombre (vous connaissez ma passion pour les voitures et la connaissance que j'en ai !). "Tiens, me dis-je in petto, comment s'est-il habillé ? Je ne lui connais pas ce pantalon prune !" Emporté par mon élan, j'ouvre le coffre pour y déposer mon sac.

Et là, je vois sortir, côté conducteur, un jeune homme que je connais pas et qui n'a rien à voir avec Frédéric. Je ne sais pas lequel des deux était le plus interloqué, mais je pense que c'était moi ! Par chance, le jeune homme était de tempérament heureux et a accepté mes explications avec le sourire ! D'autant que, juste à ce moment-là, la "vraie" voiture de Frédéric arrivait ! Quand on vous dit qu'il faut se méfier des grosses chaleurs !