jeudi 23 mars 2017

Un moment d'émotion

Pour moi jusqu'à hier,  Aki Kzurismäki n'était qu'un nom de cinéaste sans visage. Je savais qu'il était scandinave, sans savoir exactement si c'était de Norvège, de Suède ou de Finlande. Quant à pouvoir citer le titre d'un seul de ses films....

Hier soir, sur Arte, L'Homme sans passé . Inconnu au bataillon. Mais pourquoi pas. Et là, croyez-moi, malgré la fatigue qui me tombe dessus chaque soir depuis que je suis devenu "manuel", je n'ai pas dormi une seule seconde.

Un homme se fait agresser par une bande de voyous et en réchappe mais perd la mémoire. Peu à peu, il se reconstruit grâce aux SDF de la ville et à l'Armée du Salut. Dans ce film, aucune image léchée, aucune musique sirupeuse, aucun acteur bel homme, aucune actrice belle femme. Mais une tendresse immense à chaque plan, des sentiments vrais de solidarité entre pauvres et délaissés, et de la musique rock surprenante.

Et ce soir, en allant voir sur WKPD, je découvre que ce film a, entre autres, obtenu en 2002 le Grand Prix du Festival de Cannes et le Prix d'interprétation féminine pour l'actrice Kati Outinen. Bravo le jury !

J'ai été profondément ému par cette vision des pauvres, des oubliés, sans misérabilisme et profondément vraie. C'est très loin de ce que je ressens lorsque j'entends, sur le sujet, la presque totalité de nos candidats à l'élection présidentielle. Comme un petit air frais. Et que ça fait du bien !

mardi 21 mars 2017

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

Micro trottoir

Avec mes oreilles bien développées (genre un candidat à la présidentielle mais pas tout à fait), il m'arrive d'entendre des choses étonnantes dans la rue. Tiens, rien qu'aujourd'hui :

(Deux ados devant moi) :
- Mais t'étais bien avec elle, en gros, à la base ?
- Ouais, en gros, à la base .

(Un homme seul avec un cabas dont une pomme s'est échappée et roule sur le sol) :
- Viens ici. Mais qu'est-ce que tu fais ? Ah ! la coquine !

lundi 20 mars 2017

Et pendant que j'y suis ...






Momentini

Que vous dire, mais que vous dire ?
- Plongé dans un roman de 1200 pages, je ne suis pas près de vous en faire un compte rendu.
- Coincé dans les toilettes de ma sœur, je vous ai déjà parlé de leur crépi.
- Fortement agacé par la campagne présidentielle, je ne vais pas en remettre une couche.
- Séparé des Dupond(t)  après Megève, pas de nouveautés.
- Pas de sorties, pas de spectacles, pas d'anecdotes, pas de photos, alors quoi ?
- Allez, encore un petit coup de printemps (deux ?) :

Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;
La fleur de l’églantier sent ses bourgeons éclore,
Le printemps naît ce soir ; les vents vont s’embraser ;
Et la bergeronnette, en attendant l’aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser.
Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.
(Musset. La Nuit de mai.)

dimanche 19 mars 2017

Demain, c'est le printemps !

Alors, je n'y résiste pas : le poème de Théophile Gautier, dont j'avais appris les trois premières strophes en primaire. Et je ne les ai jamais oubliées, malgré mon grand âge !


Premier sourire du printemps


Tandis qu'à leurs œuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d'or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s'en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l'amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui descend au jardin désert,
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges,
Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neiges
Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l'oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d'argent du muguet.

Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d'avril tournant la tête,
Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "

Chuck était donc berryssable .......